Manga : Tokyo Ghoul

« Amour, passion, ou lecture obsessionnelle ? »

Quand j’entends qu’il n’est pas bon de faire des préférences, je ne peux m’empêcher de penser ça dépend pour quoi. C’est sûr que si vous êtes parents de trois enfants et que vous avez une préférence pour le petit dernier et qu’en plus vous ne vous privez pas de le montrer … ça peut faire grincer des dents. Mais quand vous écoutez un album pour la première fois et qu’il vous plaît, il y a bien au moins une piste qui va vous taper dans l’oreille et que vous allez écouter en boucle une semaine ou deux ? On est d’accord.

Si vous suivez ce blog depuis le début ou que vous me connaissez IRL, vous n’avez pas pu passer à côté de l’info : les mangas et moi, c’est une longue histoire d’amour. Bon pour eux, peut-être pas ! Mais pour moi, c’est assez évident. Et tout comme je l’ai laissé entendre dans le premier paragraphe (quand on lit un article, entendre avec les yeux c’est curieux comme image), j’ai moi aussi mes préférences en la matière. J’irai même plus loin en disant que je suis passionnée par une œuvre en particulier (une passion dans une passion ? Mangaception) ! Et c’est sans aucune surprise que certain.e.s auront deviné que je fais référence à Tokyo Ghoul. Surcoté ? Sous-coté ? Laissez donc cette aspect sombre de l’existence de ce manga, et écoutez plutôt ma petite histoire (pareil ici, écouter avec les yeux … bof).

Figurine Pop! Half-Kakuja Kaneki Tokyo Ghoul #465
De gauche à droite : Tokyo Ghoul Tome 1 VF, Tokyo Ghoul Tome 1 VO, Tokyo Ghoul:re Tome 1 VF, Tokyo Ghoul:re Tome 1 VO

2014, je découvre l’anime Tokyo Ghoul sur un forum anglophone (où j’étais un membre actif). Les commentaires sont plutôt positifs, je ne tarde pas à lancer le visionnage des deux premiers épisodes et comme ils suffisent à éveiller ma curiosité : je me jette sur les trois premiers tomes. Le manga est en cours de parution (six tomes de sortis au moment où j’entame la version papier) mais je sais déjà que je vais avoir envie de me procurer la suite rapidement. Une fois les trois premiers tomes engloutis, je reprends mon visionnage et fais l’impasse sur la suppression de certains éléments importants du scénario. Après tout, pour moi, une adaptation anime fait office de vitrine alors je me formalise peu. Sauf qu’une fois la première saison bouclée et le tome 6 avalé … 10 points pour celui ou celle qui a pensé frustration !

Début 2015, j’ai rattrapé puis dépassé le scénario de l’anime avec la parution des volumes suivants et découvert qu’une deuxième saison est disponible. De mémoire, j’avais eu beaucoup de mal à mettre la main dessus, et les premiers épisodes m’avaient tellement déçue que je m’étais presque sentie trahie. Tout ça pour ça, en quelque sorte. C’est à peu près à partir de là que je commençais à développer une aversion pour cette deuxième saison combinée à une envie irrépressible de convaincre tout amateur de japanimation que lire Tokyo Ghoul était indispensable et qu’il valait mieux oublier l’existence de l’anime. Au passage : si vous pensez que l’emploi du mot « aversion » est trop, relisez le titre de cet article, ça devrait vous mettre la puce à l’oreille.

Haise Sasaki
Ma collection Tokyo Ghoul et Tokyo Ghoul:re en VO
De gauche à droite (de haut en bas) : Tokyo Ghoul [moments], Tokyo Ghoul [blancs], Tokyo Ghoul [antan], Tokyo Ghoul:re Novel [quest], Tokyo Ghoul [zakki], une publicité pour le premier film, Tokyo Ghoul [anime]

Quand on essaie de me vendre les bienfaits d’un aliment, d’une nouvelle thérapie, d’une série télé (etc.), et que je sens qu’on me force la main … je n’écoute que d’une oreille. Je veux bien écouter les expérimentations de chacun.e mais ça ne veut pas dire qu’il faut absolument que j’essaie à mon tour … Si je me sens intéressée, je pose une ou deux questions, j’envisage puis avise ! Autrement je me ferme. Dixit celle qui vantait les mérites de Tokyo Ghoul à n’importe qui (surtout à ceux qui ne m’avaient rien demandé) pendant des années sans prendre en considération les goûts de ses interlocuteurs ! A ce stade, il faut le dire clairement, ça frôlait le harcèlement. Un trop plein de passion qu’on laisse couler à flot au cours d’une discussion c’est comme une casserole de lait qui déborde sur une plaque de cuisson à induction : ça énerve (pour rester correct). Mais bien dosé, ça permet d’éveiller la curiosité de potentiels nouveaux lecteurs (je ne parle pas du lait, hein) et ça c’est cool ! Encore faut-il savoir filtrer sa passion et ménager son interlocuteur.

Cette expérience-là m’a permis de mieux comprendre les raisons pour lesquelles j’étais attachée à l’œuvre en plus d’apprendre à contenir mon enthousiasme (ça a dû être long à supporter pour ceux qui l’ont subi). Dans Tokyo Ghoul, en plus de suivre l’évolution d’un personnage (très intéressant) psychologiquement instable et physiquement insaisissable (de par ses multiples transformations), il est également question de traiter de sous-sujet (l’intolérance pour ne citer qu’elle) à l’intérieur de sujets beaucoup plus larges comme la politique ou les sciences humaines et sociales. Les remises en question sont nombreuses, les petites références subtilement glissées ne sont jamais anodines et chaque personnage mis en lumière (même brièvement) a droit à son histoire. Au même titre que chaque existence a son importante et mérite d’être connue selon la philosophie que le mangaka a intégré à son récit.

Figurine Pop ! Uta #468
Une double page du Tokyo Ghoul:re [zakki]
La collection Tokyo Ghoul VF et une partie de la collection Tokyo Ghoul:re VF

Le rideau s’est baissé l’an dernier sur Tokyo Ghoul avec le tome 16 de Tokyo Ghoul :re, et il est certain que mon regard sur l’œuvre a évolué en même temps qu’elle. Dans ma précipitation, il m’est arrivé d’être contrariée par la tournure que prenait certains volumes. Puis, en prenant mon temps pour relire la série à plusieurs reprises et en ramassant les miettes laissées par Sui Ishida au fil des volumes, mon expérience s’est enrichie ! La conclusion du manga a donc été une sorte de satisfaction bien qu’il soit toujours difficile de faire ses adieux à une œuvre avec laquelle on a grandi/mûri.

Aujourd’hui, si on me demandait de mettre ce titre en avant (on ne me le demandera jamais) j’insisterai sur le fait qu’il ne conviendrait pas de le mettre entre les mains de n’importe qui. A mes yeux, il s’adresse à un public « mûr » et surtout intéressé par la Psychologie ! Car même s’il y a de la baston il faut savoir que c’est un sujet extrêmement privilégié. Il y a peu d’humour, le scénario peut être très sombre par moment (presque dérangeant) … Toutefois, Tokyo Ghoul reste très exceptionnel dans son traitement global comme dans son scénario peu commun ! L’œuvre fait également de subtiles références aux travers de notre société qui forcent la réflexion.

Et vous, que pensez-vous de Tokyo Ghoul ?

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2 réflexions au sujet de « Manga : Tokyo Ghoul »

  1. J’aime beaucoup ton article. D’ailleurs ton sentiment envers l’anime et le manga sont à peu près pareil que les miens. Personnellement j’ai commencé par l’anime et ce un peu après qu’il soit sorti, je me suis enfilée les deux saisons (que j’ai adoré), sans aucunement lire les mangas (peut-être n’étais-je encore intéressée par ça?). Cependant une fois la saison deux finis j’ai tout de suite voulu savoir la suite du coup je me suis mise à suivre le récit par le biais des mangas, sauf que… niveau détail l’anime n’en fournis peu du coup je me suis retrouvé un peu déboussolé par toutes ces infos que je n’avais pas… Mais cela restait très intéressant au niveau de l’évolution du personnage principal (psychologiquement) et l’évolution de l’histoire.

    Enfin bref je m’étale sur le sujet… C’est un très bon article où on y ressent tes sentiments, et ça, c’est cool!

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    1. Merci beaucoup pour ton retour sur mon article ainsi que tes impressions sur l’œuvre en elle-même ! Je suis bien contente de savoir que mon ressenti ait été bien accueilli, et ça fait toujours plaisir de lire des commentaires positifs sur Tokyo Ghoul. ^^

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