Île de France : Yerres

« Comme si c’était hier »

Que personne ne s’offusque en lisant mon titre/entrée en scène. Comme je sais pertinemment que ce jeu de mot allait passer dans la tête de l’un.e d’entre vous à un moment donné, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de lui donner forme moi-même. Il en était de ma responsabilité, et maintenant que c’est fait on peut tranquillement passer à autre chose. Je profite également de ce paragraphe pour lever le voile sur quelque chose qui me tenait à cœur. Il est vrai que cet article se trouve dans la catégorie voyage. Il est également vrai que, si vous aviez la possibilité de partir quelque part en voyage je ne pense pas qu’il s’agisse de la première destination à laquelle vous rêverez. Mais si vous étiez amenés à faire un crochet en Île de France … vous serez bien content.e.s de vous souvenir de l’existence de cette ville ! Quelle ville ? Celle dont je m’apprête à vous parler maintenant. Yerres.

Mes premiers pas en soliste dans Yerres (et j’insiste sur le terme soliste parce qu’autrement j’avais bien deux copines qui habitaient la ville mais chez qui j’allais rarement) ont commencé après le collège. Mes charmants résultats scolaires m’auront offert la possibilité d’étudier dans ce lycée que j’avais inscrit par défaut dans ma liste de choix (mais dans lequel je ne souhaitais absolument pas aller) : le Lycée Louis Armand. Un établissement qui aura tardé à être rénové et dont les couloirs ressemblaient fortement à ceux d’un hôpital douteux. Sans parler des préfabriqués dans lesquels mes cours de français étaient constamment planifiés … Après le lycée je n’ai pas souvenir avoir remis les pieds dans la ville. Et de la ville je ne connaissais finalement rien d’autre que mon lycée et le Leader Price où je dépensais mes deniers (les miens à moi, gagnés à la sueur de mon front) pour les repas du midi. C’est donc en 2016 que j’ai réellement découvert Yerres telle qu’elle est en réalité : charmante.

Mon rituel post-visite à la compta
Après la débauche, au Parc Caillebotte
En route pour l’Île Panchout #spot1

Comme je quittais mon poste d’Assistante Expérience Client (un joli titre qui dissimule bien des escroqueries, sans compter qu’il tait royalement l’étendu de la responsabilité du poste pour éviter que les détentrices soient tentées de revendiquer une augmentation allant de pair avec la charge de travail associée #vouspouvezrespirer) à Pessac pour travailler pour une personne que je connaissais depuis de longues années, cette dernière s’était mobilisée pour me trouver un appartement à quelques pas de mon futur lieu de travail qui se situait dans le centre-ville de Yerres. Une fois Bordeaux quitté, il ne me restait littéralement plus qu’à poser mes affaires ! Et j’ai très rapidement pris plaisir à profiter de toute la verdure que la ville possède généreusement. Entre les balades aménagées le long de LYerres (ouaip, la rivière L’Yerres traverse la ville de Yerres, c’est original), la forêt de Sénart, l’Île Panchout, le Parc Caillebotte … Il y a vraiment de quoi prendre le temps d’apprécier la vie comme elle vient.

Sur le chemin du retour, après une journée de boulot
Transition de saison au Parc Caillebotte
L’Automne s’installe sur L’Yerres

Mon intégration dans cette ville était perturbée par l’ambiance pesante de mon nouveau travail, alors j’avais souvent besoin de prendre l’air avant d’embaucher, après la débauche et parfois même durant la pause déjeuner. J’appréciais donc de pouvoir descendre les marches des escaliers à quinze mètres de mon boulot pour emprunter l’allée qui longe l’Yerres et la remonter jusque chez moi. Quelle que soit la saison, à n’importe quel temps, je trouvais toujours quelque chose de différent à regarder et apprécier. Un adolescent qui apprend à son chien à rapporter la balle, un homme qui pêche, une petite fille qui donne à manger aux canards avec ses parents … Si par moment j’observais ces scènes de loin avec le sourire, d’autres fois je m’arrêtais brusquement et sortais volontiers mon appareil (comprenez téléphone) pour les immortaliser. Il m’est également arrivé d’agripper une partition de piano et me précipiter au Parc Caillebotte pour l’apprendre, allongée dans l’herbe (mais pas trop quand même parce que les bestioles qui grouillent et qui volent c’est pas mon truc).

Tout devient plus chaleureux en Automne !
La fraîcheur de la saison ne lui faisait pas peur
Un de ces spots que j’ai aimé prendre en photo au fil des saisons, sur le pont menant au centre-ville #spot2

Yerres a également l’étonnante faculté de changer de visage à chaque saison. Je m’amusais donc à photographier certains lieux précis au fil du temps pour comparer ces fameux visages et en apprécier toutes les nuances. Et alors que j’éprouve une certaine réticence à l’idée de côtoyer la neige (dixit la même personne qui a rédigé un article sur son horreur de l’été), je me suis surprise à parcourir la ville pour la photographier sous ses meilleurs angles enneigés. Je redécouvrais mes lieux préférés couverts d’un manteau blanc et ne pouvais m’empêcher de m’extasier devant le spectacle. Mais c’est à l’Automne que la ville se porte le mieux. Bien que les feuilles mortes soient régulièrement soufflées des rues (pour éviter que les piétons ne glissent sur les pavés du centre-ville par exemple), le Parc Caillebotte s’embrase sous les couleurs de la saison et L’Yerres se pare d’une pluie de feuilles qu’elle transporte gracieusement le long de son cours.

Le spot menant au centre-ville sous la neige #spot2
De l’autre côté du pont
Sur la route de l’Île Panchout #spot1

Pas besoin d’être un amoureux de la nature pour apprécier les effets du temps qui passe. Mais justement, le temps il faut le prendre ! Autrement on ne voit rien de tout ça, et ça nous passe sous le nez sans qu’on s’en rende compte. En quittant Bordeaux je voulais pouvoir apprécier les petites choses du quotidien pour m’éviter de courir après des choses que je ne possédais pas et que j’aurais pu utiliser pour me voiler la face. Il me tenait à cœur de pouvoir me concentrer sur l’essentiel afin de ne pas me retrouver dépassée par des émotions dissimulées derrière de faux semblants. Et bien qu’il y ait eu quelques loupés (permettez-moi d’être imparfaite, c’est mieux pour tout le monde), je suis fière d’avoir pu apprendre à reconnaître mes limites grâce à cet état d’esprit. Aussi, lorsque j’ai senti que mon expérience professionnelle était devenue toxique, je n’ai pas eu de remords à quitter la ville. Aujourd’hui, ce que je garde de mon expérience à Yerres, c’est la douceur avec laquelle les saisons ont marqué mon quotidien et combien mon regard de photographe amatrice en herbe a évolué grâce à elles.

Et vous ? Est-ce que ça vous dit de faire un tour à Yerres ?

3 réflexions au sujet de « Île de France : Yerres »

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