Guadeloupe : Les Saintes (Terre-de-Haut)

« Il était une fois, un Iguana Delicatissima qui courait sur les toits … »

Est-ce que je vous ai déjà dit que j’avais été une enfant turbulente ? J’avais la bougeotte, la parlotte, et il fallait souvent hausser le ton pour canaliser le trop plein d’énergie que j’avais. Entre nous, je pense qu’il aurait été plus censé d’explorer mon comportement pour y trouver des solutions adaptées. Mais née à la fin des années 80, de parents antillais … vous n’aurez pas besoin que je vous fasse un dessin pour comprendre que ces derniers n’avaient ni le réflexe ni la patience de communiquer.

Comme nous vivions en appartement (je n’ai jamais connu que ça soit dit en passant), et que mes parents travaillaient tous les deux, il était difficile de trouver de quoi m’occuper durant les grandes vacances. C’est donc en Guadeloupe que je passais tous mes étés, avec mon grand frère, jusqu’en 1999.

Il arrivait qu’un de nos parents nous accompagne, mais j’ai surtout souvenir d’avoir fait le trajet avec le personnel accompagnant les enfants voyageant seuls. Et puisque ma mémoire est très sélective concernant cette période de ma vie, je ne saurais vous affirmer si c’était récurent. En attendant, une chose est sûre : c’est chez ma grand-mère maternelle qu’on passait la majorité de nos vacances !

La baie des Saintes

Là-bas je retrouvais impatiemment ma cousine M.K. (de quelques mois mon aînée) que j’admirais beaucoup, et ma cousine R.C. (de quelques mois ma cadette) qui vivait derrière chez ma grand-mère. Je n’ai aucun souvenir des projets que j’avais en tête au moment de les retrouver, mais je sais que j’avais du mal à tenir en place !

Alors imaginez la claque quand j’ai appris (il y a deux ans) que tout le monde appréhendait les vacances d’été qui signaient mon arrivée, et par conséquent une tempête avec laquelle ils allaient devoir vivre pendant deux mois … venant de personnes qui subissent régulièrement le passage de cyclones tropicaux, ça pique.

Et vous savez ce qui pique encore plus que ça ? Quand on se prend un iguane sur la tête (aujourd’hui, je suis une championne dans l’art de la transition, souvenez-vous en). Heureusement, ce sont des accidents isolés qui n’arrivent logiquement qu’à une poignée de personnes, dont je fais partie. Mais rassurez-vous tout est allé très vite ! Pour vous la faire courte : un jour qu’on me forçait à faire la sieste (pour avoir la paix) j’ai subitement senti une étrange masse me tomber sur le haut de la tête. J’ai juste eu le temps de loucher sur une interminable queue avant que son propriétaire (qui se faisait pourchasser par un chat sur les toits) aille se réfugier sous l’armoire de la pièce où je me trouvais. D’ailleurs, si vous voulez mon avis, je pense qu’il était déjà loin quand je me suis mise à hurler …

Un bout d’île qui ressemble à une tête de croco …

En parlant d’iguane (championne je vous ai dit) … l’Iguana Delicatissima (qui est une espèce endémique des petites Antilles en voie de disparition) est présent sur le drapeau de Terre-de-Haut, une commune de l’archipel des Saintes d’où mon grand-père paternel est originaire. J’ai été particulièrement émue de pouvoir enfin y mettre les pieds lors de mon dernier séjour en Guadeloupe, en 2018. Pensez-vous ! Après avoir si souvent entendu dire que mon grand-père (que j’ai souvenir de n’avoir rencontré qu’une fois) était saintois, j’allais enfin pouvoir aller à la rencontre d’un morceau de mes racines. Aujourd’hui, quand j’écris ces lignes, j’ai conscience qu’il y a encore beaucoup à faire pour vraiment comprendre d’où je viens. Mais ce jour-là, quand j’ai foulé le sol de Terre-de-Haut c’était comme si quelque chose d’incroyable se produisait.

Avec ma mère, nous avions pris la navette maritime qui relie Trois-Rivières à Terre-de-Haut (avec la compagnie locale CTM DEHER) en début de matinée et une fois arrivées à l’embarcadère, nous avons entamé une balade dans les rues animées du centre-ville. Après avoir assisté malgré nous à un accident de scooter (avec blessures légères, bien qu’un des accidentés ait dû être évacué en hélicoptère étant donné qu’il n’y a pas d’hôpital sur l’archipel), nous avons marché sur le sable chaud de La Baie des Saintes pour nous rendre chez la collègue de ma mère (S) qui nous avait gentiment offert les billets. Là, j’appris qu’elle allait m’emmener faire le tour de l’île de Terre-de-Haut … en scooter ! Comment vous dire que je me sentais plutôt sceptique face à cette balade sur cet engin après ce qu’il s’était passé un peu plus tôt … Surtout que je n’étais encore jamais monté sur un scooter ! Mais j’aurais été bien bête de refuser.

Un iguane commun

S m’emmena visiter différentes plages, différents spots, ponctuait chacun de nos arrêts d’anecdotes et/ou de faits historiques, s’assurait que j’avais fait le plein de photos avant de redémarrer vers une nouvelle destination … nous fîmes littéralement tout le tour de l’île pour finir la visite au Fort Napoléon. L’entrée du musée est gratuite pour les habitants de l’archipel ! Alors je ne sais par quel procédé je pus profiter de cette même gratuité, mais je me fis toute petite lorsque je dépassais les touristes qui faisaient la queue pour payer leur ticket d’entrée.

Le bâtiment, certifié monument historique, est curieusement bien préservé quand on sait qu’il a été construit pour faire office de forteresse ! Bien qu’il ne subit aucun assaut … ce qui explique certainement son excellent état.

Les remparts du Fort Napoléon

Pour être honnête avec vous, j’ai du mal à m’intéresser aux musées. Et pourtant, j’ai adoré visiter Le Louvre toutes les fois où j’y suis allée ! Sauf que je me sentais rarement impliquée dans l’histoire que je traversais à chaque pièce que je parcourais. Le cadre me paraissait agréable, tout comme l’atmosphère … et c’est peut-être tout. Mais ce jour-là, au Fort Napoléon, tout ce que je découvrais était sujet à me bouleverser un peu plus. De la disparition des peuples amérindiens suite à la colonisation française du XVIIe siècle et de la traite des esclaves africains à la confection du salako (couvre-chef traditionnel des saintois) … je m’appropriais un maximum des expositions pour alimenter ce que je considérais comme étant mon histoire.

Vue sur Terre-de-Haut depuis le Fort Napoléon

Une fois sortie du musée, après une telle immersion, j’appréciais le panorama. A 100 mètres d’altitude, je balayais Terre-de-Haut du regard, avec une vue sur Terre-de-Bas et … sur la Guadeloupe ! Quelle ironie, quand on sait que depuis la Guadeloupe je confonds toujours la silhouette des Saintes et de Marie-Galante (j’entends déjà les connaisseurs s’étonner). Avant de reprendre la route, j’eus même le plaisir de croiser le regard d’un iguane (commun) ! Le seul que je vis de toute la journée, alors qu’on m’avait assuré que j’en croiserais tous les deux mètres …

Vue sur la Guadeloupe depuis le Fort Napoléon

Ma mère avait réservé notre repas Chez Eugenette, un bar restaurant de l’île de Terre-de-Bas. Et puisque qu’il était soit trop tôt, soit trop tard pour prendre la navette maritime, c’est à bord du petit bateau à moteur d’une de ses connaissances que nous avons fait la traversée. Après quoi nous avons marché sous un soleil de plomb jusque Chez Eugenette où ma constitution ne rendit clairement pas honneur à la cuisine de la cheffe … Mais mon séjour touchait presque à sa fin et j’appréciais la chance que j’avais d’être , de pouvoir profiter d’un tel cadre en compagnie de ma mère que je n’ai toujours pas revu au moment où je rédige ces lignes.

Maintenant, imaginez … Une occasion exceptionnelle s’offre à vous : vous êtes invité.e à passer une journée en Guadeloupe avec une personne de votre choix. Le temps vous est compté alors vous devez être sélectifs dans votre programme ! Quelles seront vos principales escapades ?

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